Les emplacements ou le nerf de la guerre du FoodTrucker

Il y a presque 2 ans, j’exposais avec quelle facilité j’avais réussi à obtenir mes premières promesses d’emplacements….La naïveté de la débutante ! …J’en rigole à présent… un peu jaune quand même.

Le premier emplacement m’a lâché alors que je recevais le food truck après 3 mois d’une longue attente. Une gentille mairie qui n’avait pas encore exposé le projet en conseil municipal alors que je les avais pourtant prévenus tous les mois de l’avancée du projet. Au final, c’est une cliente, plusieurs semaines après mes premiers tours de roues avec le Truck, qui m’a informé qu’elle avait voté (lors du conseil municipal) pour que je vienne au moins une fois par semaine sur la dite commune mais que les commerçants m’avaient sentie comme une menace pour leur activité… heu… Est il nécessaire d’épiloguer sur le fait que le truck devait venir une fois par semaine durant 3h maximum ? … No Comment.

Le second emplacement devait se situer dans une zone d’entreprises dont les employés devaient faire plusieurs kilomètres pour se restaurer car il n’y avait pas de restaurants à proximité ou alors seulement des chaines de fast food « classiques ». 2 fois par semaine je devais y proposer mes préparations. L’emplacement devait être partagé sur la semaine avec 2 autres food trucks qui proposaient une cuisine bien différente afin qu’il n’y ai pas de redondance mais une complémentarité. Là encore, lâchage en bonne et due forme à l’arrivée pour cause de regroupement de communauté de communes. J’en comprends la complexité mais j’en ai quand même subit les retombées négatives me privant d’une autre possibilité de travailler. Dur dur à avaler sur le moment…

Munie de mon beau camion tout neuf mais surtout de mon téléphone greffé à l’oreille, je suis repartie à la chasse aux emplacements. Mails, coups de téléphone, réseaux d’amis et de connaissances… et beaucoup de culot !

J’ai testé plusieurs emplacements différents avec plus ou moins de succès : grands villages, zones urbaines, zones rurales, zones d’entreprises, zones commerciales…

Mes emplacements actuels sont le fruit de beaucoup de patience, mais aussi de beaucoup de belles rencontres : Des clients confiants et obstinés qui donnent ma carte de visite et mes flyers aux entreprises de leurs connaissances ; Des amis et de la famille au moins aussi motivés que moi ; Quelques adjoints et élus municipaux avec une belle ouverture d’esprit et ayant une forte envie de souffler positivement sur la dynamique locale, des partages sur les réseaux sociaux…

Dans le monde des truckeurs, nous pouvons dire qu’il y a 2 sortes d’emplacements : ceux du privé et ceux du public.

Un emplacement privé est généralement le parking d’une enseigne commerciale. Le terrain appartient à l’exploitant (ou il le loue) et il est libre d’autoriser le stationnement de qui bon lui semble. Avec ou sans contrepartie : troc de repas, finances… Tout se négocie au cas par cas mais généralement cela va assez vite. En quelques jours, voir même en quelques heures, c’est dans la poche. Savoir si l’emplacement fonctionnera est un autre sujet.

Un emplacement public dépend généralement d’une administration, d’une municipalité, d’une communauté de communes… et là cela se complique. Il y a des règles à respecter concernant l’occupation d’un tel sol et les négociations peuvent prendre plusieurs semaines voir même plus probablement plusieurs mois…. Quand il y a négociations !

Nous sommes dans une période qui se veut valorisante pour les porteurs de projets, les créateurs d’entreprises, toutes formes d’idées visant à baisser le taux de chômage mais, force est de constater que dans la pratique, faire sa place dans le monde de entrepreneuriat n’est pas une mince affaire (bon ça on le savait déjà hein !) Mais sans vouloir faire de généralité car l’activité de restauration ambulante qui est la mienne est quand même relativement particulière, il est un fait à mettre en évidence : les collectivités locales ne sont généralement pas très aidantes. Plus la commune est importante et moins elle est ouverte à la nouveauté et d’autant moins à l’arrivée de food trucks sur son sol.

Quelles sont les raisons de telles réticences vis à vis des food trucks ?

Parce qu’il a fallu que je me pose la question quand même…j’ai donc identifié quelques raisons :

  • * Beaucoup de personnes ne connaissent tout simplement pas encore le concept pur et dur du vrai food truck : on ne connait pas donc, on rejette.
  • * Souvent le food truck est assimilé à une friterie à l’hygiène douteuse : honnêtement, j’ai fait longtemps le même amalgame, heureusement les règles d’hygiènes et de salubrité sont de plus en plus exigeantes en restauration et les food trucks ne sont pas exempts de les appliquer, loin de là. (à noter que je viens même d’être contrôlée et j’ai obtenu la « note » « Très satisfaisant » )
  • * Le food truck est souvent assimilé uniquement aux burgers-frites ou aux kebabs ou encore aux pizzas : là on va dire que tout dépend de la région dans laquelle on se trouve. En région parisienne le food truck est relativement répandu. On trouve toutes les cuisines du monde représentées sous cette forme facilement accessible du Food Truck. Dans le Sud Ouest, la gastronomie de terroir est mise en valeur par ce concept…
  • * Autre hypothèse : Les commerçants locaux sont inquiets car ils pensent que c’est une concurrence de plus qui va leur prendre leur clientèle. Oui…mais Non ! Un food truck est un ambulant. Son identité est justement de ne pas être sédentaire et de changer d’emplacement tout au long de la semaine et des saisons. On apporte un petit plus là où l’offre n’est pas présente ou bien différente. Il faut vraiment comprendre que le food truck apporte un nouvelle touche d’originalité dans un environnement existant, une nouvelle dynamique voir même de nouveaux clients dans un environnement dans lequel ils ne viendraient pas initialement et donc des consommateurs potentiels supplémentaires pour tout les commerçants.

Il y a de la place pour tout le monde et pour tous les types de restauration. Le fait d’être nomade ne devrait pas être pénalisant. Nous aussi nous payons des charges, des crédits, des investissements, des taxes. La notion de concurrence soit-disant déloyale, que l’on entend régulièrement, n’a vraiment pas lieu d’être évoquée.

Le lancement du Food Truck

Ca y est, la première journée de lancement du food truck est passée. Samedi dernier, j’étais donc sur le marché de la ville de St Leu d’Esserent de 10h à 13h et sur le marché de la ville de Mouy de 14h à 17h. Une journée bien remplie après une autre journée tout aussi remplie qui avait été celle de la mise en place et de la production des mets qui ont été proposés sur le Truck.

Vous dire que j’étais zen et détendue serait mentir. 😉 Mais, mon dernier né ayant eu la bonne idée de se réveiller à 4h du matin, (pour se rendormir, lui, dans la foulée) il m’a permis de fignoler mes préparations dans le calme du petit matin.

Remplir le réservoir d’eau, inscrire le menu et les formules sur les ardoises, vérifier les paramètres de l’appareil à cartes bancaires…

Arrivée à destination, je savais où placer mes éléments de travail et de service.

J’ai fait connaissance avec mes gentils  voisins de marché et répondu à quelques dizaines de questions ! :p

Globalement, la journée à été calme. Mais le froid lui, a été très très présent ! Piquant, glacial même !! J’avoue que je comprends aisément les gens qui sont restés au chaud chez eux, mais je suis ravie des quelques clients et amis qui ont fait le déplacement pour (re)découvrir le Truck et ma cuisine.

Un petit hic d’emplacement à Mouy avec, de ce fait, une rallonge électrique trop courte… souci vite résolu grâce à la gentillesse d’un ami qui m’a dépannée dans la foulée.

Cette première journée a été très enrichissante, et je remercie encore toutes les personnes qui suivent cette aventure depuis des mois, m’apportant confiance, réconfort et de nombreuses idées que j’ai hâte de mettre en place dans les prochaines semaines !

à très vite !

Nathalie

Nos fournisseurs locaux

Légumes et fruits de saison : Les jardins de Sacy (60) et/ou La Cueillette d’Anserville 

Fromage de chèvre de « La Barb’iquette » du Plessis sur Bulle (60)

Pommes et poires des vergers du Colombier (80)

Champignons de la Champignonnière de Laigneville (60)

Miel de Mr Soulard à Arcy (60) ou miel de Lachapelle St Pierre

Œufs de plein air de la Fourgonnerie à Esches (60)

Bières Félicité de la Brasserie Félicité de Montagny-Sainte-Félicité (60)

Bières « Entre 2 Bulles » 

Boissons de chez Maeyaert (60) de Milly-Sur-Thérain

  • Bières Paillette et Rebelle
  • Cidres doux et brut
  • Pétillant de pommes et Cassis
  • Cidre Tradition

Ferme GAEC de la Chapelle St Jean (60) :

  • La tomme au cidre
  • La tomme au foin
  • Le Bray picard
  • Le Bray au graines de lin
  • Le rollot Brayon
  • Crème crue

Pain de nos Faluches de la boulangerie artisanale de « Franck et Nathalie » de Chambly (60)

La création d’entreprise : L’indispensable patience…

  • Après voir finalisé mon business plan et trouvé une banque,
  • Obtenu des aides à la création d’entreprise,
  • Obtenu la garantie de mon prêt bancaire par le FGIF,
  • Négocié des emplacements avec des municipalités,
  • Trouvé une société qui aménage des « camions magasins » personnalisés,
  • Et trouvé un expert comptable…

J’ai enfin pu passer aux choses sérieuses. Après un accord de principe de la part de la banque enfin acté,  il a fallu créer les statuts de la société. Pour de nombreuses raisons, j’ai choisi de créer une SASU (Société par Actions Simplifiées Unipersonnelle) C’est donc mon expert comptable qui s’y est collé. En quelques jours c’était fait. Rapide et efficace. J’ai du passer une annoncé dans un journal d’annonces légales (inutile de vous déplacer, tout se fait via internet ou téléphone j’ai été faire enregistrer ces fameux statuts à la chambre des métiers (sur rendez vous uniquement), faire la demande d’ACCRE (exonération partielle des cotisations de charges sociales durant un an). La demande de carte de commerçant ambulant a été faite dans la foulée (tout cela est effectué par la chambre des métiers). Dans le cadre de mon activité, il y a aussi une inscription à la chambre des commerces qui se fait automatiquement. Pensez surtout à prendre votre carnet de chèque avec vous car toutes ces démarches sont payantes…

Mon K-Bis est arrivé à peine 4 jours plus tard !

La semaine suivante le prêt bancaire a été signé et mi-novembre j’ai enfin pu commander officiellement le camion !

Mais… je n’en avais pas fini avec la paperasse administrative !!!

Pour proposer des boissons, même à faible teneur en alcool, à la vente, il est indispensable d’avoir une licence. Cette licence, c’est d’abord quelques « cerfa » à remplir avec une très grande précision, puis, à déposer à la mairie de la ville du siège social de la société. Seule retour de la mairie, un papier de dépôt de demande de licence. Attention, le traitement du dossier demande un délai d’au moins 15 jours avant le début de l’activité. J’en profite pour remercier la responsable des licences CHR de la chambre des commerces de l’Oise pour sa disponibilité et sa gentillesse au téléphone !

Sinon, il est intéressant (quoique déstabilisant) de savoir qu’on ne reçoit pas de papier spécial précisant que cette licence est accordée. Sans retour négatif, l’accord est tacite.

La démarche administrative suivante est la déclaration d’existence auprès des services vétérinaires de la préfecture du lieu d’implantation. Toute société achetant, conservant, manipulant ou transformant des viandes ou du poisson doit s’y soumettre afin de pouvoir être contrôlée. Là encore, c’est un simple formulaire à télécharger sur Internet et à renvoyer.

Pour en savoir plus : La CCI de Paris

Les jours passent, les semaines et les coups de téléphones affluent. D’un seul coup, un grand nombre de sociétés, de personnes, d’organismes et d’annuaires s’intéressent à ma nouvelle petite société. Selon eux, il est indispensable d’avoir un encart publicitaire dans tel ou tel annuaire, ou encore d’avoir un abonnement à X registres de commerçants ou même encore de se faire une grosse publicité pour afin de pouvoir augmenter la visibilité de la société…. Bref, vous l’aurez compris, les démarcheurs et vendeurs de vent ne perdent pas de temps pour essayer de vous mettre le grappin dessus et vous soutirer de l’argent. Une seule attitude à adopter : tout refuser en bloc ! Ne cherchez même pas à les écouter, c’est une pure perte de temps pour vous !

En décembre 2015, la base du camion est enfin dans l’Oise… le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a du travail à faire dessus avant de le rendre utilisable…. Vous ai je dit que la patience n’est « normalement » pas mon fort ? non ? Parce que là, il m’en faut une dose monumentale. Rien qu’à le voir, je sais déjà que jamais il ne sera prêt à la fin du mois de décembre. Même en essayant de voir le coté positif des choses le plus souvent possible, c’est un peu décourageant…

Haut les cœurs ! Je mets à profit mon temps libre pour commencer à reprendre contact avec des fournisseurs : Le stock de boissons est fait, les emballages alimentaires sont livrés, la plonge en inox (dégotée sur le bon coin) est installée dans le garage et l’Homme installe un ballon d’eau chaude dédié à mon activité. Dans la foulée, le système électrique de la maison est révisé afin que les phases soient correctement réparties. En effet, le camion doit être branché à l’électricité afin que les éléments frigorifiques puissent continuer à fonctionner de jour comme de nuit. L’idée essentielle étant que ce branchement n’impacte pas les éléments de la maison et fasse sauter les fusibles toutes les 5mn !

J’ai aussi le temps de réaliser 2 petites prestations traiteur qui ne demandent pas la présence du camion. Un bon petit début avec des clients très satisfaits !

La fin de l’année ne verra pas arrivée le Truck dans l’allée de ma maison…

Patience ? Vous avez dit patience ? …

Il était une idée … (5) … les formations

Sans certaines formations, la création d’entreprise est impossible. Là encore, je ne vais pas me risquer à vous parler des domaines que je ne connais pas. Toujours est il que certaines de ces formations peuvent être prises en charges financièrement par différents organismes suivant la situation dans laquelle vous vous trouvez.

Pour le moment, créer un restaurant, un food truck, un snack… , cuisiner des plats salés et sucrés est une possibilité théorique pour n’importe qui. Officiellement vous n’avez pas besoin de diplômes pour cela… mais honnêtement… un minimum de connaissances culinaires me semble quand même indispensable mais cela est un autre débat… Pour ouvrir une pâtisserie ou un établissement qui ne proposera QUE du sucré que vous réaliserez vous-même, un diplôme de pâtissier est indispensable : minimum un CAP. Au pire, il vous est possible d’embaucher une personne ayant ce diplôme et de travailler sous sa « direction » … ou alors d’être simple revendeurs de produits industriels. Question de choix…

Pour ma part, j’ai un CAP et un BEP de restauration et un Baccalauréat technologique en hôtellerie et restauration. Ne me demandez pas en quelle année j’ai eu tout ça, cela vous donnerait une idée trop réelle de mon âge ! 😉

Début 2013, après mon licenciement économique, quand j’ai commencé à travailler sur un projet de création d’entreprise, il était déjà évident pour moi que je reviendrais à mes premiers amours professionnels ! la cuisine. D’une manière ou d’une autre. Il m’était donc indispensable de faire la formation obligatoire HACCP (hygiène en restauration). J’étais alors en CSP (contrat de sécurisation professionnel). La formation de 14h (2 jours) a été prise en charge par un organisme auquel avait cotisé mon ancien employeur. J’ai beaucoup apprécié cette formation. Intéressante, ludique, le formateur nous a donné de nombreux cas très concrets, ce qui en a fait une formation vivante et riche. De quoi parle t on durant ce temps ? : de conservation des denrées alimentaires, de températures, de microbes et de bactéries, de maladies et d’infections dues aux aliments mal conservé et mal utilisés…

L’année suivante, considérées comme demandeuse d’emploi, pôle emploi a pris en charge ma formation au permis d’exploitation. Quelque soit le type d’établissement que je souhaitais ouvrir, il me la fallait. « Madame pole emploi » n’était pas du tout certaine de l’acquis de cette prise en charge mais, qui ne tente rien… A l’appui, mon dossier de suivi pôle emploi et les nombreux échanges que j’avais eu avec ma conseillère. C’est passé ! Là aussi j’ai été agréablement surprise du contenu de cette formation. J’avoue que je m’attendais à quelques chose d’assez rébarbatif voir soporifique hors, … cette formation de 2,5 jours a vraiment été intéressante et enrichissante. De quoi parles t on durant ces journées ? : de vente d’alcool, de vente de tabac, de loi, de la diffusion de musique, un peu de droit du travail, un peu d’embauche de salariés…

Aujourd’hui, à l’aube de commencer effectivement mon activité, je me réfère régulièrement aux notes prises durant ces journées !

Une autre formation est obligatoire quand on passe par une inscription à la chambre des métiers : Le stage d’initiation à la gestion d’entreprise. Je ne l’ai pas fait pour la simple raison qu’ayant déjà été chef d’entreprise dans une autre vie durant plus de 5 ans, j’ai pu demander et obtenir une dérogation. Toutes les infos sont là

Vous êtes toujours motivé ? Vous pouvez donc passer à l’étape suivante ! 😉

Il était une idée … (4) … Les aides à la création

Toutes les situations sont différentes et bien souvent les aides à la créations dépendent du statut que vous avez au moment où vous décidez de vous lancer : travailleur salarié ? demandeur d’emploi ? congé parental ? … Là encore, me faire accompagner m’a aidé à y voir plus clair. Il existe une certain nombre d’aides à la création d’entreprise, autant le savoir et en bénéficier quand cela est possible.

Pour ma part, j’ai eu la possibilité de solliciter Oise Initiative pour un prêt d’honneur à taux 0. (attention, il faut se faire assurer pour ce prêt : le coût peut varier de 40 à 90€ par an)

Picardie Active a été sollicité pour un prêt NACRE (aussi à 0%) et ce même organisme a instruit mon dossier de demande de garantie FGIF (Fond de Garantie à l’Initiative des Femmes).

Le FGIF intervient auprès de la banque afin de garantir jusqu’à 70% du montant du prêt sollicité auprès de la banque à condition que cette dernière ne demande pas au porteur de projet d’être caution solidaire sur le reste du crédit. Certaines banques ont tendance à « oublier » cette clause… il peut être utile de leur rappeler afin de ne pas perdre son temps avec une banque qui souhaite absolument que vous soyez caution solidaire… (attention là aussi le coût de la garantie est à prévoir : entre 600 et 700€ mais rien que le fait de ne pas devoir se porter caution solidaire ça les vaut !!!)

Je pense qu’il est toutefois utile de toujours avoir en tête que ces « aides » sont des prêts à rembourser, hein ! Pas des dons.

Il y a encore deux ou trois autres dispositifs d’aide à la création mais je ne vais pas me risquer à vous en parler pour la simple raison que n’en ayant pas bénéficié, je ne me suis pas informée dessus.

J’ai aussi demandé et obtenu l’ACCRE qui est une exonération partielle des cotisations sociales sur mes rémunérations… à condition de me rémunérer bien sur ! :/ Cette aide est à solliciter, sous certaines conditions, lors de la création de la société, dans mon cas, par la Chambre des Métiers lors de l’immatriculation.

Est il utile de préciser que toutes ces aides à la création d’entreprise demandent beaucoup de paperasse, de temps, de patience et de détermination ?… ! Il faut passer en commission une fois, parfois deux. Parfois on peut défendre soi-même son dossier devant 17 personnes, parfois nous ne sommes même pas convié aux réjouissances. Parfois il y a des papiers qui ne trouvent pas leur route en temps et en heure. Parfois certains documents ne sont pas vu/lu, ou atterrissent sur une pile… parmi d’autres et les délais de réponse s’en ressentent passablement…

Un grand nombre de fois, je dois avouer que j’ai eu la sensation d’être « juste » un chef d’orchestre qui dirige ses musiciens au lieu d’être une « chef d’entreprise » (en vrai je me l’a pète avec le titre pompeux de « Présidente directrice générale » !! lol !) qui essaie de créer une société de restauration locavore et eco-responsable…

Mais j’aime à voir le bon coté des choses et des événements… on va dire que c’est un peu un test grandeur nature de la détermination que nous avons à mener à bien nos projets de création. 😉

Il était une idée …(3) … les besoins financiers !

Une idée, un concept, des emplacements, du matériel… c’est bien. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut être terre à terre, dans la création d’entreprise, le nerf de la guerre, c’est avant tout l’argent !

Alors, oui, alors, vous me direz que sans argent, on peut créer.

Loin de moi l’idée de dire le contraire… J’ai même, par le passé, ouvert ma première entreprise avec un découvert autorisé de 250€ pour acheter mon premier fond de roulement…. !

Mais, il y a des projets qui ne peuvent vraiment pas s’en passer. C’est la cas du mien. Même si dans un premier temps j’ai décidé d’utiliser la majeure partie de mon matériel de cuisine et de pâtisserie personnel, il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas suffisant. Il ne s’agit pas de nourrir 5-6 personnes matin, midi et soir. mais plutôt d’envisager la restauration de minimum 25 personnes tous les midis, (voir même plus, bien sur !), 5 à 6 jours sur 7. Sans parler des prestations traiteur privées et des foires/salons…

Il faut donc penser à financer dans un premier temps :

* Le camion : une base d’occasion pour commencer, un aménagement et le matériel professionnel que l’on va utiliser au quotidien ; four, plaques, frigos, plancha… Je n’ai pas voulu lésiner sur la qualité des matériels professionnels. La plupart sont achetés neufs. Ils vont devoir me suivre plusieurs années sans faillir.

* Le petit matériel : sauteuses, poêles, casseroles et gamelles divers, cercles, moules, spatules, cuillères et autres louches… : beaucoup de récupération et  comme je le disais plus haut, j’ai du matériel personnel à amortir 😉

* Il est aussi important de prévoir des fonds pour la création administrative de la société. Monter une entreprise individuelle ne coute presque rien, par contre pour une sarlU ou une sasU, ce n’est pas la même et il est important de prévoir entre 1000 et 1400€.

* Les frais de banque divers et très variés, le matériel de CB, les frais de garantie si vous demandez un crédit important à votre banque, l’assurance du camion pour la première année, les premiers stocks d’emballages, de marchandises…

Il y a une chose que je n’avais pas calculé dans mon business plan initial :

* L’identité graphique de l’ensemble du projet : C’est en avançant dans cette création que je me suis rendue compte que c’était loin d’être facultatif ! Cela m’a semblé de prime abord peu nécessaire mais honnêtement, au fur et à mesure de mes lectures, j’ai du me rendre à l’évidence : pour ce type précis de projet, avoir une identité visuelle bien définie est vraiment indispensable. Si vraiment l’argent est un souci, on peut envisager de le faire plus tard, mais si cela est possible, il me semble important de le faire avant même d’avoir commencé à travailler « vraiment ».

C’est là que l’on voit l’importance du business plan. Autant en le faisant j’avoue que cela m’avait légèrement gonflée, autant en avançant dans le projet de façon concrète, avoir un business plan détaillé et complet c’est avéré indispensable. Il est important d’en parler autour de soi afin de recueillir les avis de la famille, des amis, des collègues… Le BGE m’a bien aidé en cela aussi. Me faire accompagner afin d’avoir des avis extérieurs, a été pour moi, une réelle chance.

Donc pour en revenir au sujet de base, une fois que l’on a fait le tour des besoins en financement(s), il faut bien sur faire le tour des ressources possibles. C’est souvent là que les choses commencent sérieusement à se compliquer…

Economies personnelles, banques, financement participatif, aides à la création d’entreprise, fondations … Il faut vraiment faire le tour de toutes les possibilités. Et là encore, ça prend du temps ! Beaucoup de temps !

J’ai rencontré quatre banquiers de quatre établissements différents. Le premier m’a reçu en 20mn chrono. Il a trouvé le projet « chouette » mais il m’a envoyé balader car je n’avais pas 30% de fonds personnels en apport. Gloups :/ Le second a été intéressé mais dubitatif. Il souhaitait attendre que les organismes d’aide à la création se prononcent avant d’envisager de remplir quoique ce soit. Le troisième a été très intéressé. Il m’a reçu durant 1h45. A commencé à remplir plein de paperasse. M’a posé plein de questions. J’ai enfin eu la sensation d’être prise au sérieux de que mon idée n’était financièrement parlant pas si loufoque que cela…. et le quatrième c’est carrément montré enthousiaste ! En sortant de son bureau, je savais que c’était avec CE conseiller là que je souhaitais travailler et donc forcément cette banque… ce qui tombait bien… c’était déjà « notre » banque ! lol !

Il a quand même fallu attendre que les organismes d’aide à la création d’entreprise se prononcent favorablement avant de pouvoir commencer à instruire un quelconque dossier de demande de prêt… 🙁

Et donc… Il y a eu juillet et août… puis septembre….puis octobre…

Il était une idée …(2) … Concept et emplacement

Début 2015, l’idée était devenue un concept à part entière.

J’ai passé des heures à lire tout ce que je pouvais trouver sur le sujet sur la toile et dans les revues spécialisées. J’ai rencontré des « Truckers », je suis allée à des salons thématiques sur Paris, j’ai fait une étude de marché et j’ai lancé un questionnaire à mon réseau personnel Facebook afin d’affiner mon offre.

Très vite j’ai su que je ne souhaitais pas proposer des burgers, frites et autres pizzas. Je souhaitais proposer autre chose. J’aime cuisiner. J’aime transformer, tailler, découper… Il fallait trouver quelque chose de bon et gourmand, facile à emporter et à manger.

Je suis tombée un peu par hasard sur un article de presse en ligne parlant d’un couple installé depuis quelques années en « Tarterie » dans le sud de la France. Ils alliaient tournées de marchés et boutique en proposant leurs tartes faites maison. J’ai trouvé l’idée un peu décalée au départ . Originale. Et puis j’ai sus que c’était ce que je souhaitais faire. : des tartes !  C’est convivial, différent, complet. Il est possible de les décliner à l’infini et comme pour toute cuisine en général, c’est le savoir faire du cuisinier qui fera la différence.

Le principe d’être locavore c’est imposé de lui-même dans la foulée quand j’ai commencé à chercher des fournisseurs de matières premières. Il y avait presque tout ce dont j’avais besoin à moins de 50 km autour de chez moi. Consommer le plus possible local est déjà une habitude de longue date dans notre quotidien familiale. Tout en essayant d’être eco-responsable. Appliquer nos valeurs personnelles à mon activité professionnelle était donc une évidence.

Puis je me suis attelée à la rédaction d’un business plan.

Hum Hum Hum… que celui qui n’a jamais maudit ce truc me jette la première pierre… moi j’ai bien faillit passer le pc par la fenêtre plus d’une fois ! Heureusement, le BGE était là encore une fois pour m’aider et m’orienter vers de bonnes pistes à envisager (ou pas) et à explorer (ou pas).

J’ai poursuivit par la recherche d’une société d’aménagement de camions en Food Truck. J’ai découvert que l’offre était très importante en France mais aussi très différente d’une boite à une autre. Là encore mon choix c’est porté vers une société juste à coté de chez moi.. j’ai décidé de rester dans le  locale une fois de plus mais, avantage non négligeable, ils personnalisent à souhait les aménagements afin de coller au plus prêt des besoins de leurs clients.

…chiffrage, chiffrons, chiffrez….les besoins en matériel en fonction de ce que je souhaitais offrir comme prestations à mes clients. Choix cornélien. Il faut maintenir un certain budget, sans brader la qualité des équipements qui doivent être utilisés et rentabilisés sur plusieurs années. Il faut aussi que tout rentre dans le camion, et ne pas dépasser un certain poids sous peine de devoir ensuite passer le permis pour les véhicules de plus de 3,5T.  Gloups … ! Une des  finalités étant d’obtenir un devis cohérent afin de rentrer des petits chiffres dans le business plan.

Gageure suivante à relever : l’emplacement.

En fait… les emplacements !  Parce qu’avec un seul emplacement, il n’est résolument pas certain que l’affaire puisse tenir à moins vraiment d’être très très bien située.

Le leitmotiv sur la toile a été de lire qu’il était particulièrement difficile de trouver un emplacement, à plus forte raison, plusieurs. Ce fut donc LA tâche à laquelle je me suis attelée entre mai et juin 2015. J’ai d’abord repéré différentes villes qui pouvaient m’intéresser géographiquement parlant. J’ai repéré leurs sites internet et les adresses mail… et je me suis lancée dans une petite présentation écrite du projet. J’ai envoyé 15 messages. Et j’ai attendu.

Première réponse des le lendemain : « Votre projet est très intéressant, nous vous encourageons à poursuivre… mais pas chez nous ». Ha… bon… ok. Soit.

Heureusement, la suite a été bien plus sympathique avec plus de réponses positives que ce à quoi je m’attendais…. En fait, je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais… peut être à devoir batailler pour obtenir des rendez vous, devoir aller sur des emplacements privés, demander à des société de squatter leur parking… Je me dis que mes années de commerciale m’ont bien été utiles, me permettant de vendre mon projet sous un aspect des plus engageant.

J’ai rencontré un certain nombre de maires adjoints. Exposé mon projet un nombre de fois que je n’ai pas calculé, reçu pas mal de compliments sur mon idée et ma façon de la présenter, (c’est toujours bon à prendre , hein 😉  )

Et après quelques semaines, j’ai reçu plusieurs réponses très favorables : centres villes, places de marché, zones d’entreprises… Même un peu plus de propositions que de temps disponible !

Que demander de plus ? :-)) (que cela fonctionne et qu’il y ai des clients, oui, je sais, mais cela sera une autre histoire… 😉  )

Il était une idée… (1)

La toute première fois que j’ai eu l’idée de créer mon propre job, … je devais avoir 6 ou 7 ans. Comme la plupart des petites filles, j’avais une dinette, une épicerie avec des fruits et des légumes en plastique… j’ai vendu des kilos de raisin et de gâteaux à ma mère et j’ai bien du lui faire manger des centaines de litres de soupe réalisés dans ma cuisinette. Elle jouait toujours le jeu… Bienveillante…

Concrètement, ce n’est que 20 ans plus tard que je me suis mise à jouer à la marchande « pour de vrai ».  Je jouais (encore) à la poupée avec mes filles et devenir marchande de produits bio et eco-responsables était alors devenu une évidence. Cela a duré un peu plus de 6 ans.  Et cela c’est fini avec pertes et fracas autant personnellement que professionnellement… J’avoue qu’à la fin de cette histoire là, il n’était plus question pour moi d’entreprendre. La seule idée d’être « à mon compte » comme on dit dans le jargon, me terrorisait. J’en avais littéralement des sueurs froides dans le dos.

On dit que « chat échaudé craint l’eau froide »…

Le temps à fait son œuvre et Il m’a bien fallu 4 années pour m’en remettre.

Entre temps, j’ai été employée dans 2 sociétés différentes mais dont les valeurs économiques et éco-responsables rejoignaient particulièrement les miennes.

Deux licenciements économiques plus tard ainsi qu’un autre bébé (un vrai :p) … Une idée est venue me chatouiller les méninges. Doucement, insidieusement…J’avais envie d’entreprendre à nouveau et j’avais déjà une idée plus ou moins claire de ce que je souhaitais faire : ouvrir un café poussette.

J’en ai parlé à « Mme Pôle Emploi » qui, étonnamment (ne m’a pas prise pour une folle) m’a très bien orientée vers Mme Suivi de CSP… qui elle-même m’a très bien accompagnée durant plusieurs mois afin d’envisager tous les aspects de ce type de création.

En parallèle j’ai travaillé avec le BGE Picardie activement et concrètement. Différents conseillers m’ont accompagnée au plus prêt de mes besoins, questionnements et demandes d’informations.

Il s’en est conclu que j’avais en main tous les éléments techniques, professionnels et psychologiques pour l’envisager sous les meilleurs hospices… mais pas les fonds propres nécessaires à cette belle, mais ambitieuse idée. Entre temps, j’ai quand même entrepris une formation HACCP (14h) : ça peut toujours servir… et une formation au permis d’exploitation (2,5 jours)…ça c’est indispensable si on souhaite ouvrir un établissement recevant du publique que l’on nourrit et à qui l’on sert des boissons et c’est valable 10 ans.

Plusieurs mois de réflexions, d’ateliers, de nouveaux rendez vous avec un conseiller du BGE et surtout de nombreux brainstorming avec la famille et les amis, m’ont permis de retravailler mon projet sous un aspect différent. Certainement un peu loufoque d’un premier abord, mais « pas que… » si on y réfléchit un peu plus et que l’on me connait un chouillat : j’aime bouger (géographiquement parlant), partager des idées, des valeurs, des connaissances. Echanger autour d’un café ou d’un bon petit plat que je cuisine avec plaisir. Je suis attachée à un mode de vie simple et respectueux de notre environnement…. Il était donc devenu évident que je reviendrais à mon premier amour professionnel : la restauration et en particulier la cuisine…. mais cette fois, en l’adaptant à un concept mobile et convivial : le Food Truck !